Macron va nommer sa ministre pour 28 ans : elle jugera ses propres décisions

2 godzin temu
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin à l'Assemblée nationale lors du débat sur les motions de censure. (Image symbolique) (Photo by Bertrand GUAY / AFP via Getty Images) Getty Images

Emmanuel Macron s'appręte à nommer Amélie de Montchalin à la tęte de la Cour des comptes. L'annonce lundi de cette nomination suscite un tollé de l'opposition qui dénonce un conflit d'intéręts majeur et un « verrouillage » des institutions par les proches du président.

L'actuelle ministre des Comptes publics deviendrait mercredi la première femme à diriger l'institution vieille de plus de deux siècles.

La critique centrale : la ministre sortante des Comptes publics devrait évaluer de manière indépendante les déficits publics et les choix budgétaires du gouvernement. Elle jugerait ainsi les décisions qu'elle a elle-męme préparées. Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, pose la question : « Comment la ministre actuelle (Amélie de Montchalin) pourrait aussi donner un avis crédible sur le prochain budget qu'elle a elle-męme préparé ? »

Le président de la commission des Finances dénonce un « danger » pour cette institution « en laquelle les Français ont confiance ». Il demande solennellement au chef de l'État de revenir sur cette nomination qui ne garantit pas, selon lui, le minimum de neutralité et d'indépendance vis-à-vis du pouvoir en place que réclame cette fonction décisive.

Tollé général de l'opposition

François Ruffin ironise sur la capacité de Montchalin à rendre « un avis éclairé sur son propre budget » après « huit années à accompagner le déficit public dans le fossé ».

Marine Tondelier des Écologistes estime que la nomination « n'obéit à aucune logique autre que le fait du prince ».

Le socialiste Arthur Delaporte affirme qu'« en fragilisant l'institution qu'est la Cour des comptes », Emmanuel Macron « fragilise plus largement la République ».

Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, dénonce « le verrouillage par les copains de la Macronie de tous les organes » institutionnels.

Le parti Les Républicains estime dans un communiqué que « quand le macronisme s'effondre dans le pays, il s'arc-boute sur les contre-pouvoirs ». LR accuse la nomination de « transformer une autorité de contrôle en annexe du pouvoir ».

Une durée de mandat qui inquiète

Éric Ciotti, allié du RN, dénonce un « passage en force sans précédent d'un président qui place ses proches pour garder le pouvoir ». À 40 ans, Amélie de Montchalin pourrait occuper ce poste irrévocable pendant 28 ans, jusqu'à la limite d'âge de 68 ans. Ciotti proteste : « Elle pourra rester pendant 28 ans alors que l'usage n'a jamais vu un président nommé avant ses 58 ans. »

La nomination rompt avec une tradition établie depuis la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012). Depuis lors, les présidents choisissaient systématiquement les premiers présidents de la Cour des comptes dans l'opposition pour garantir l'indépendance de l'institution. Cette nomination intervient après la polémique suscitée en mars 2025 par celle de Richard Ferrand, fidèle du président, à la tęte du Conseil constitutionnel.

Une défense du gouvernement

Le ministre des Finances Roland Lescure défend la nomination. Il affirme qu'Amélie de Montchalin apportera « une énergie dont peut-ętre la Cour des comptes a besoin » et certifie qu'« elle saura gouverner cette institution en toute indépendance ».

Élue députée en 2017, elle entre deux ans plus tard dans le second gouvernement d'Édouard Philippe. François Bayrou la rappelle au gouvernement fin 2024.

Montchalin est décrite comme un « pur produit du macronisme ». La nomination ne nécessite pas l'approbation de la commission des Finances du Parlement et doit ętre officialisée mercredi en Conseil des ministres.

Source : AFP. Note : L'intelligence artificielle (IA) a créé cet article.

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