Des inconnus ont assassiné Alain Orsoni, figure marquante du nationalisme corse, lundi vers 16h30 aux obsèques de sa mère à Vero, en Corse. Un tir à longue distance en plein cœur a tué l'homme de 71 ans alors qu'il rendait un dernier hommage à sa mère de 91 ans.
Le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), que l'État a récemment créé, a pris en charge l'enquęte compte tenu du profil de la victime et de ses liens avec le milieu corse.
La scène s'est déroulée dans le cimetière en terrasses de Vero, village familial d'Orsoni situé à environ 30 kilomètres d'Ajaccio. Selon le procureur d'Ajaccio, le tireur a utilisé une arme certainement équipée d'une lunette de visée pour un tir à longue distance.
Orsoni venait d'arriver du Nicaragua le dimanche, où il vivait et développait des activités dans le secteur du jeu.
L'abbé Roger-Dominique Polge, qui officiait aux funérailles, a confié à France 3 Via Stella : «On vient d'enterrer la maman d'Alain, c'est un moment de peine et de chagrin, d'un coup, on entend un coup de feu, et Alain tombe mort.» Il a ajouté : «Je me demande où on est ? Dans quelle époque on est ? Qu'est-ce qui se passe chez nous ?»
Jo Peraldi, proche d'Alain Orsoni et ancien chef du mouvement clandestin du Front de libération nationale corse (FLNC), a déclaré à l'AFP : «Il vient pour enterrer sa mère de 91 ans et on jette le corps du fils sur le cercueil de sa mère, c'est innommable, c'est ignoble.»
Enquęte sous haute surveillance
Le Pnaco a justifié sa saisine «au regard notamment de la qualité de la victime et de son appartenance au milieu corse».
Un magistrat se rendra sur place ce mardi. La Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, habituée aux dossiers de criminalité insulaire, co-saisira l'enquęte.
Le Parti de la nation corse (PNC), formation autonomiste opposée au parti au pouvoir de Gilles Simeoni, a dénoncé l'acte dans un communiqué : «Le respect des morts, ainsi bafoué, emporte dans sa chute terrible notre tradition et les valeurs de notre civilisation.»
Un parcours marqué par la violence
Ancien leader du FLNC, Orsoni avait fondé le Mouvement pour l'autodétermination (MPA) et présidé deux fois l'Athletic Club Ajaccio (ACA), actuellement exclu des compétitions nationales. Il avait quitté la Corse en 1996 durant une période de guerre fratricide au sein du mouvement nationaliste.
La famille Orsoni connaît un cycle de drames et de vengeances qui s'étend sur plus de 40 ans. Des inconnus ont assassiné Guy Orsoni, frère d'Alain, en 1983. Le fils d'Alain, également prénommé Guy, né un an après la mort de son oncle, se trouve actuellement en détention et les autorités le considèrent comme une figure du banditisme insulaire.
Des inconnus ont assassiné l'avocat d'Orsoni, Antoine Sollacaro, en 2012. La justice a condamné le tireur en décembre à 30 ans de prison.
Rivalités criminelles
Une forte rivalité oppose depuis plusieurs années le clan Orsoni au gang criminel du «Petit Bar», dont Jacques Santoni était soupçonné d'ętre le chef. Les autorités soupçonnent ce dernier d'avoir commandité le meurtre de Sollacaro.
Ce gang avait également participé à une tentative d'assassinat contre Alain Orsoni en 2008.
Malgré la mobilisation historique en novembre contre l'influence des bandes criminelles en Corse, les collectifs politiques et anti-mafia observent pour l'instant un quasi silence radio.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

4 godzin temu











